National

Les Universités du Comité 21 – La santé en commun

Les 18 et 19 mars 2027, à Ancenis-Saint-Géréon, les Universités du Comité 21 reviennent pour une nouvelle édition consacrée à « La santé en commun ». Pendant un jour et demi, l’événement explorera les liens entre santé, environnement, modes de vie, inégalités et solidarités, avec une ambition : montrer que la transition écologique peut aussi être une manière très concrète de mieux vivre.  La santé est souvent pensée comme une affaire individuelle. Pourtant, elle se joue largement ailleurs : dans l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, les logements que nous habitons, nos conditions de travail, nos déplacements, nos relations aux autres, mais aussi dans l’état des sols, de l’eau et du vivant.  Les bouleversements écologiques rendent ces liens de plus en plus visibles. Canicules, pollutions, exposition aux substances chimiques, dégradation de la biodiversité, zoonoses ou précarité alimentaire affectent directement notre santé physique, mentale et sociale.  Mais cette relation peut aussi être regardée autrement : et si la transition écologique était aussi une manière d’améliorer concrètement nos vies ?  Quand l’environnement entre dans nos corps  La première matinée s’ouvrira sur les « maladies de l’Anthropocène ».  Cancer, maladies respiratoires ou cardiovasculaires, allergies, troubles psychiques, maladies infectieuses : nombre de pathologies disent aussi quelque chose du monde que nous avons construit.  Cette séquence cherchera à mieux comprendre les interactions entre santé humaine, pollutions, changement climatique et dégradation du vivant. Avec une question en fil rouge : si protéger l’environnement revient aussi à nous protéger nous-mêmes, cela peut-il changer notre manière de parler d’écologie ?  Prévenir plutôt que réparer  Nous savons de mieux en mieux soigner. Beaucoup moins agir sur ce qui rend malade : logement dégradé, mauvaise alimentation, pollution, précarité, exposition professionnelle, isolement ou environnement quotidien.  Prévenir suppose donc de dépasser le seul système de soins pour agir sur les conditions mêmes d’une vie en bonne santé.  Comment donner à chacun les moyens réels de vivre mieux ? Comment mieux articuler santé, environnement et solidarité ? Et comment éviter que les populations les plus fragiles soient aussi celles qui supportent le plus fortement les conséquences des dégradations environnementales ?  Cette séquence interrogera les déterminants sociaux et environnementaux de la santé et les formes de solidarité nécessaires pour mieux prévenir plutôt que réparer.  Logement, mobilité, alimentation : quand la transition améliore le quotidien  L’après-midi du 18 mars sera consacré aux solutions déjà à l’œuvre.  Car la transition écologique ne produit pas seulement des contraintes. Elle peut aussi améliorer immédiatement la qualité de vie : logements mieux adaptés aux fortes chaleurs, villes plus marchables, davantage d’activité physique, alimentation de meilleure qualité, espaces publics plus agréables, nature plus présente, liens sociaux renforcés.  Trois ateliers permettront d’explorer ces transformations à partir du logement, des mobilités et de l’alimentation.  Comment concevoir des logements qui protègent réellement de la chaleur, du bruit ou des pollutions ? Comment aménager des territoires qui remettent le corps en mouvement et redonnent une place à la marche, au vélo et au jeu ? Comment rendre accessible une alimentation bonne pour la santé, pour ceux qui la produisent et pour les écosystèmes ?  L’ambition ne sera pas de dresser un catalogue de bonnes pratiques, mais de comprendre ce qui permet réellement de transformer les modes de vie et de changer d’échelle.  Vers un nouveau pacte de santé et de solidarité  La matinée du 19 mars élargira la discussion.  Notre système de santé repose sur une promesse forte : chacun doit pouvoir être protégé et soigné face à la maladie. Mais que devient cette promesse lorsque les risques sanitaires sont aussi liés aux conditions de logement, au travail, à l’alimentation, aux canicules ou aux pollutions ?  Comment maintenir une solidarité collective lorsque les vulnérabilités deviennent aussi sociales et écologiques ? Faut-il mieux articuler protection sociale et prévention ? Jusqu’où doit aller l’État protecteur ? Et quelles nouvelles protections imaginer face à des risques qui ne seront ni également répartis, ni également supportables ?  Cette réflexion ouvrira la question d’un nouveau pacte de santé et de solidarité, davantage tourné vers la prévention et capable de prendre en compte l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.  Des Universités à vivre, pas seulement à écouter  Les Universités du Comité 21 ne seront pas une simple succession de conférences et de tables rondes.  Parce que les transformations ne passent pas uniquement par les idées, cette édition sera aussi rythmée par des surprises, des respirations, des propositions artistiques et des moments hors du temps.  Des temps pour apprendre, mais aussi pour se rencontrer. Des moments pour débattre, mais aussi pour laisser place au sensible, à l’imaginaire et à l’émotion.  C’est ce qui fait la singularité des Universités du Comité 21 : elles ne cherchent pas seulement à informer, mais à rassembler, inspirer et ouvrir de nouveaux horizons.  Nous transformerons le monde en parvenant à toucher le cœur, à éveiller l’imagination et à redonner du sens à l’engagement. C’est sur cette conviction que repose l’événement.  Prendre soin de soi, des autres et du vivant  À travers cette édition, le Comité 21 souhaite proposer une autre manière de parler de transition écologique.  Partir de la santé permet de rendre tangibles des transformations parfois perçues comme abstraites ou lointaines. Cela permet aussi de rappeler que les politiques climatiques, environnementales, sociales et sanitaires ne peuvent plus être pensées séparément.  Rénover un logement, végétaliser une ville, améliorer la qualité de l’air, faciliter la marche, préserver l’eau ou rendre une alimentation de qualité accessible ne relève pas seulement de la politique environnementale. Ce sont aussi des politiques de santé.  Pendant un jour et demi, les Universités du Comité 21 chercheront ainsi à relier connaissances scientifiques, débat public, expériences de terrain et émotion autour d’une même interrogation :  prendre soin de soi, prendre soin des autres, prendre soin du vivant : et si ces trois enjeux n’en formaient finalement qu’un ?  Les Universités du Comité 21 – La santé en commun (édition 2027) 📅 18 et 19 mars 2027 📍 Ancenis-Saint-Géréon  Le programme détaillé et les premiers intervenants confirmés seront annoncés prochainement.  👉 Pour vous inscrire : cliquez ici

Transition écologique : la Cour des comptes appelle à mieux mesurer la contribution des territoires

Dans son rapport publié le 7 octobre, la Cour des comptes juge les résultats des politiques de transition écologique encore insuffisants au regard des objectifs fixés et des réalités physiques déjà observables. Elle pointe notamment une territorialisation encore inaboutie, un manque d’indicateurs et une articulation trop faible entre objectifs physiques, moyens financiers et action locale. Canicules, sécheresses, incendies : pour la Cour des comptes, l’été 2026 a une nouvelle fois illustré le décalage entre les ambitions affichées et la vitesse des transformations environnementales. L’institution reconnaît plusieurs progrès. La planification écologique est mieux structurée, les investissements dans les transports et l’énergie bas carbone ont augmenté, et les grands documents nationaux – Stratégie nationale bas-carbone, Programmation pluriannuelle de l’énergie – donnent davantage de visibilité aux trajectoires à suivre. Mais ces avancées ne suffisent pas encore à garantir l’atteinte des objectifs. La Cour souligne notamment que certains résultats restent mal mesurés, faute d’indicateurs suffisamment précis. C’est particulièrement vrai pour l’adaptation au changement climatique : celle-ci ne dispose toujours pas, selon elle, d’objectifs opérationnels permettant d’apprécier la continuité des activités ni d’indicateurs permettant de mesurer réellement la résilience. Elle relève également que certains arbitrages pris au nom de la compétitivité ou de contraintes économiques peuvent entrer en contradiction avec des objectifs de transition pourtant officiellement maintenus. La Cour insiste enfin sur un point important : le coût de la transition est élevé, mais celui de l’inaction ou du retard le serait davantage. Reporter les investissements entraînerait des ajustements plus brutaux, une allocation moins efficace du capital et des dépenses d’adaptation plus importantes à terme. La territorialisation reste un point faible C’est l’un des constats les plus importants du rapport : la France ne sait toujours pas mesurer précisément la contribution des territoires aux objectifs nationaux de transition écologique. Les dispositifs existent pourtant en nombre. Sraddet, PCAET, CPER, CRTE, COP régionales : les collectivités disposent aujourd’hui de plusieurs cadres de planification, de contractualisation et de dialogue avec l’État. Le problème tient moins à l’absence d’outils qu’à leur articulation et à leur capacité à rendre compte des résultats. La Cour estime que les dispositifs territoriaux de suivi et d’évaluation ne permettent pas encore de mesurer de manière satisfaisante les progrès réalisés localement, ni les écarts aux trajectoires attendues. Autrement dit, il est encore difficile de répondre à une question pourtant essentielle : quelle part des objectifs nationaux est réellement portée, territoire par territoire, par les politiques locales ? Pour sortir de cette situation, la Cour recommande de mieux s’appuyer sur les cadres réglementaires déjà existants, en particulier les Sraddet à l’échelle régionale et les PCAET à l’échelle intercommunale. Elle appelle également à mieux relier ces documents aux outils de contractualisation entre l’État et les collectivités, notamment les CPER et les CRTE, afin de connecter plus clairement les objectifs, les actions engagées et les moyens financiers mobilisés. Les COP régionales peuvent jouer un rôle utile dans cette architecture, mais à une condition : ne pas devenir un niveau supplémentaire de pilotage. La Cour estime qu’elles doivent s’inscrire dans les dispositifs existants plutôt que les dupliquer. Cette question renvoie aussi directement à l’ingénierie territoriale. Fixer des objectifs ne suffit pas. Encore faut-il disposer, dans les territoires, des compétences nécessaires pour programmer les investissements, monter les projets, mobiliser les financements, organiser la coopération entre acteurs et évaluer les résultats obtenus. Mieux relier objectifs, financements et résultats La Cour pointe une autre faiblesse structurelle : le manque de lien entre les trajectoires physiques de la transition et les trajectoires financières. Elle appelle à la mise en place d’une véritable stratégie pluriannuelle de financement, précisant les objectifs à atteindre, les besoins d’investissement et les moyens nécessaires pour les satisfaire. L’enjeu est majeur. Il ne s’agit plus seulement de savoir combien d’argent est consacré à la transition, mais ce que ces dépenses permettent réellement d’obtenir : combien d’émissions évitées, combien de bâtiments rénovés, quelle réduction de vulnérabilité, quels gains de résilience ou de préservation des ressources naturelles. Cette exigence de résultat est particulièrement forte pour l’adaptation, où la mesure reste encore largement à construire. Comment savoir si un territoire est mieux préparé à une canicule, une sécheresse, une inondation ou une rupture d’approvisionnement ? Quels indicateurs permettent de mesurer la résilience des services publics, des entreprises, des infrastructures ou des populations ? Le rapport invite donc à passer d’une logique centrée sur les moyens engagés à une logique davantage orientée vers les effets réellement produits. Pour le Comité 21, cette analyse rejoint un enjeu central de la transition territoriale : il ne suffit plus de multiplier les plans, les feuilles de route et les dispositifs. Il faut désormais mieux articuler les objectifs, les financements, l’ingénierie et la gouvernance, mais aussi pouvoir démontrer les transformations effectivement produites dans les territoire. Lire le rapport : cliquez ici

Habitabilité des territoires : le Haut-Commissariat appelle à accélérer l’adaptation

À quoi ressemblera la France en 2035 et en 2050 dans un climat durablement plus chaud ? Dans un nouveau travail prospectif consacré à l’environnement, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan alerte sur les transformations profondes auxquelles le pays doit se préparer et place l’habitabilité des territoires au cœur de la transition écologique. Ce travail a été coordonné par Antoine Pellion, président du Comité 21 et ancien secrétaire général à la planification écologique. Il part d’un constat simple : le principal frein à la transition ne tient plus tant à l’absence d’outils qu’à leur mise en œuvre concrète, souvent ralentie par l’instabilité des dispositifs, la désinformation environnementale et climatique ou encore la difficulté à articuler ambition écologique, pouvoir d’achat et cohésion sociale. L’exercice compare deux trajectoires à l’horizon 2035 et 2050 : un scénario tendanciel, dans lequel les politiques actuelles se prolongent sans accélération suffisante, et un scénario souhaitable permettant à la France de mieux préserver sa souveraineté, l’habitabilité de ses territoires et sa cohésion sociale. Des territoires confrontés à des risques climatiques majeurs Le rapport insiste notamment sur une réalité devenue incontournable : le changement climatique modifiera profondément les conditions de vie dans tous les territoires. À l’horizon 2050, chacun d’entre eux pourrait être confronté de manière critique à au moins un aléa majeur. Certains espaces pourraient même devenir beaucoup plus difficiles à habiter, voire, dans certains cas, inhabitables ou inassurables. Cette évolution oblige à revoir en profondeur la manière d’aménager le territoire. Électrification, eau, gestion des risques : les priorités à court terme À court terme, le Haut-Commissariat recommande notamment d’accélérer l’électrification des usages, de décarboner la chaleur et de garantir davantage de stabilité aux acteurs économiques et publics qui investissent dans la transition. Il propose également de renforcer la réduction des pollutions à la source, en particulier dans les territoires cumulant vulnérabilités environnementales et sociales. La question de l’eau occupe une place centrale. Le rapport estime que la gouvernance actuelle, conçue dans un contexte où la ressource était globalement abondante, doit évoluer. Il préconise une gestion plus fine à l’échelle des bassins et sous-bassins versants afin de mieux arbitrer entre les différents usages lorsque la ressource devient rare et de limiter les tensions locales. L’adaptation suppose également de mieux protéger les populations et les territoires contre l’augmentation des risques climatiques. Parmi les recommandations figurent l’élargissement de la réassurance par l’État à l’ensemble des risques climatiques et le renforcement de la culture du risque auprès des habitants, des entreprises et des collectivités. Des inégalités territoriales à anticiper Mais le rapport insiste surtout sur les inégalités que le dérèglement climatique risque d’accentuer. Les personnes les plus modestes, âgées ou isolées, ainsi que les communes rurales, littorales et ultramarines, disposeront souvent de moins de ressources pour se protéger ou investir dans leur adaptation. Le Haut-Commissariat considère donc qu’il faut donner davantage de moyens aux collectivités territoriales, en particulier au bloc communal. Il propose notamment de faciliter l’accès à des financements de long terme et à faible taux pour les infrastructures de transition. Cette proposition est particulièrement importante pour des investissements qui s’amortissent sur plusieurs décennies : réseaux d’eau potable, réseaux de chaleur et de froid, adaptation des bâtiments, infrastructures énergétiques, renaturation ou encore aménagement des espaces publics. Une collectivité ayant construit un plan pluriannuel d’investissement crédible pour sa transition pourrait ainsi bénéficier de ressources supplémentaires et de capacités d’endettement adaptées. 2050 : repenser l’aménagement des zones les plus vulnérables À l’horizon 2050, le rapport va plus loin et appelle à repenser les choix d’aménagement dans les territoires les plus vulnérables. Il recommande notamment de freiner les pratiques qui augmentent l’exposition aux risques, de limiter la concentration des populations et des activités dans certaines zones fragiles et de renforcer les mécanismes nationaux de solidarité entre territoires. Il introduit également une proposition particulièrement structurante : la création d’un cadre légal permettant d’organiser un « retrait stratégique planifié » des secteurs devenus inhabitables ou durablement inassurables. Autrement dit, dans certaines situations, l’adaptation ne pourra plus uniquement consister à protéger l’existant ; elle devra aussi permettre d’anticiper le déplacement progressif d’activités, de services, d’équipements ou de populations. Cette approche implique également d’adapter les services publics. Le Haut-Commissariat recommande la mise en place de plans de continuité afin que les services essentiels puissent fonctionner malgré les vagues de chaleur, les pénuries d’eau, les inondations ou d’autres événements climatiques extrêmes. Il appelle enfin à mieux articuler environnement et santé dans une logique « One Health », considérant que les transformations climatiques, les pollutions, la biodiversité et la santé humaine sont désormais indissociables. La lecture du Comité 21 Pour le Comité 21, ces propositions font directement écho aux transformations actuellement engagées dans les territoires. L’adaptation ne peut plus être considérée comme une politique sectorielle supplémentaire. Elle concerne directement l’eau, le logement, la santé, l’agriculture, la mobilité, l’énergie, les infrastructures et plus largement les conditions mêmes d’habitabilité des territoires. Elles confortent également une conviction au cœur de l’action du Comité 21 : la transition écologique doit être construite au plus près des réalités locales, en donnant aux collectivités, aux entreprises et aux acteurs de la société civile les moyens d’anticiper et d’agir. Le message du Haut-Commissariat est finalement clair : la transition écologique aura lieu, mais elle peut être organisée ou subie. Plus les décisions seront anticipées, plus il sera possible de limiter les coûts humains, sociaux et économiques des changements climatiques et de préserver durablement l’habitabilité des territoires. 👉 En savoir plus

Végétaliser les cours d’école : de l’expérimentation au nouveau standard d’aménagement

Longtemps expérimentée par quelques villes pionnières, la végétalisation des cours d’école est progressivement en train de s’imposer comme une véritable politique d’adaptation aux changements climatiques. La dernière enquête de l’Observatoire des villes vertes, publiée fin août, témoigne de cette évolution : 96 % des collectivités interrogées considèrent désormais que la végétalisation des cours doit devenir un standard d’aménagement. ———- Un mouvement déjà largement engagé Le mouvement est déjà largement engagé. Plus de six collectivités répondantes sur dix déclarent avoir végétalisé au moins un quart de leurs cours d’école. Angers et Saint-Paul, à La Réunion, ont déjà dépassé les 75 %. Près des deux tiers des collectivités interrogées souhaitent avoir transformé au moins la moitié de leurs cours dans les cinq prochaines années, tandis qu’une ville sur cinq vise la totalité de son patrimoine scolaire d’ici 2031. L’été 2026 confirme la vulnérabilité des écoles face aux fortes chaleurs Cette accélération intervient alors que l’été 2026 a une nouvelle fois montré la vulnérabilité des établissements scolaires face aux fortes chaleurs. Lors de la canicule de juin, plus de 13 500 écoles et établissements ont dû adapter leur fonctionnement et près de 3 500 écoles et collèges ont été contraints de fermer temporairement. Avec des vagues de chaleur plus fréquentes, plus précoces et plus intenses, la question du confort thermique dans les établissements scolaires devient un enjeu majeur d’adaptation. Bien plus que planter quelques arbres Végétaliser une cour ne consiste d’ailleurs plus simplement à planter quelques arbres. Toutes les collectivités interrogées créent des zones de pleine terre dans leurs projets. 89 % ont recours au descellement des sols et développent des jardins pédagogiques. D’autres aménagent des classes extérieures, installent des dispositifs de gestion des eaux pluviales ou créent des espaces favorables à la biodiversité. Des bénéfices multiples, pour le climat comme pour les élèves La transformation des cours d’école permet ainsi de répondre simultanément à plusieurs enjeux : apporter de l’ombre et de la fraîcheur, favoriser l’infiltration de l’eau, réduire l’imperméabilisation des sols, accueillir davantage de biodiversité, mais aussi améliorer le bien-être des enfants et proposer de nouveaux usages pédagogiques. Trois collectivités interrogées sur quatre placent d’ailleurs le bien-être, le confort et la santé des élèves parmi leurs motivations. L’enquête révèle surtout que le débat a changé de nature. L’intérêt de ces aménagements semble de moins en moins discuté ; la question est désormais celle de leur généralisation. Le financement, premier obstacle à la généralisation Et c’est précisément là que les difficultés apparaissent. Le financement constitue le premier obstacle, cité par 77 % des collectivités, devant les contraintes techniques liées à certains sites (46 %) et l’entretien dans la durée (42 %). Passer de quelques cours pilotes à la transformation de l’ensemble du patrimoine scolaire suppose donc des investissements importants, mais aussi des compétences techniques, une ingénierie adaptée et une capacité à anticiper la gestion future des espaces végétalisés. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec une certaine prudence : l’enquête repose sur les réponses de 26 collectivités et ne constitue donc pas une photographie exhaustive de l’ensemble des communes françaises. Elle met néanmoins en évidence une tendance forte : l’adaptation des écoles aux nouvelles conditions climatiques devient progressivement un sujet structurant des politiques locales. Le regard du Comité 21 Pour le Comité 21, cette évolution illustre très concrètement ce que signifie l’adaptation des territoires aux changements climatiques. Il ne s’agit plus seulement de disposer de stratégies ou de plans d’adaptation, mais de transformer progressivement les espaces dans lesquels nous vivons, travaillons et apprenons. La végétalisation des cours d’école constitue à ce titre un exemple particulièrement intéressant de solution fondée sur la nature : une action locale et visible qui répond à la fois aux enjeux climatiques, de biodiversité, de gestion de l’eau, de santé et de qualité de vie. Après les expérimentations des dernières années, le véritable défi est désormais celui du changement d’échelle. Faire de la cour végétalisée la norme plutôt que l’exception suppose de l’intégrer dès la conception et la rénovation des établissements scolaires et de donner aux collectivités les moyens financiers et techniques nécessaires pour accélérer cette transformation. En savoir plus

Faire de la transition écologique un projet de souveraineté concrète

Cet article d’Antoine Pellion est issu du séminaire « La souveraineté, levier de relance de la transition écologique », organisé par le Comité 21 le 21 mai 2026. Ce séminaire est l’un des six dédiés aux enjeux de souveraineté mises en place en 2025 et 2026 par la Caisse des Dépôts et plusieurs partenaires think tanks, dont le Comité 21.  Retrouver l’article original ici —- Dans un monde plus instable et plus contraint, la transition écologique peut devenir l’un des principaux moyens de réduire nos vulnérabilités. Encore faut-il la planifier, la financer et la construire avec celles et ceux qui auront à la mettre en œuvre. Pourquoi la transition écologique  se cherche un nouveau souffle La souveraineté comme nouveau cadre de lecture La transition écologique traverse un moment singulier. Elle reste indispensable, mais elle paraît moins assurée dans le débat public. Certaines mesures sont contestées, les investissements ralentissent. On parle volontiers de fatigue, de reflux, parfois même de rejet ou de backlash. Cette lecture me paraît trop simpliste. Ce qui est en cause n’est pas tant l’idée même de transition que la manière dont elle est racontée, organisée et financée. Beaucoup de nos concitoyens perçoivent bien la nécessité d’agir. Ils voient les effets du changement climatique, les tensions sur l’énergie, les fragilités industrielles, les difficultés agricoles, les conflits d’usage autour de l’eau ou des sols. Mais ils attendent aussi que cette transformation soit lisible, juste, progressive et utile dans leur vie quotidienne. Dans ce contexte, la souveraineté peut offrir un cadre utile. À condition de ne pas en faire un mot de repli. La souveraineté dont nous avons besoin n’est pas l’illusion de pouvoir tout produire seuls, ni la tentation de fermer les frontières. Elle renvoie plutôt à une capacité collective : mieux comprendre ce dont nous dépendons, réduire les vulnérabilités les plus critiques, organiser nos ressources, protéger nos infrastructures et retrouver des marges de manœuvre. Vue ainsi, la transition écologique n’apparaît plus comme une contrainte extérieure, mais devient une manière très concrète de reprendre prise sur nos conditions matérielles de vie. Repartir des dépendances réelles La France et l’Europe se sont développées dans un monde où l’accès aux ressources paraissait relativement stable. Les énergies fossiles étaient importées en grandes quantités, les matières premières circulaient, les chaînes de valeur mondialisées permettaient de produire loin, puis de consommer ici. Ce modèle a longtemps donné le sentiment d’une efficacité économique. Mais Il a aussi installé des dépendances profondes, que les crises récentes ont rendues visibles, ainsi que nos vulnérabilités. L’énergie, les matières critiques, les intrants agricoles, certains composants industriels ou les capacités de transformation ne sont pas de simples variables économiques. Ils conditionnent notre capacité à produire, nous chauffer, nous déplacer, nous nourrir, investir et protéger les territoires. La transition écologique touche directement à ces sujets. Moins dépendre des énergies fossiles, mieux utiliser les ressources, préserver les sols, recycler davantage, diversifier certaines productions, développer des infrastructures bas-carbone : ces actions relèvent de l’écologie, mais elles répondent aussi à des enjeux très concrets d’autonomie et de résilience. Nous ne pourrons pas supprimer toutes les interdépendances. Ce ne serait ni réaliste ni souhaitable, mais nous devons mieux choisir celles que nous acceptons, celles que nous devons sécuriser, et limiter celles qui nous exposent trop fortement. Changer de paradigme :  de l’injonction au projet collectif Sortir de l’écologie vécue comme injonction La transition est souvent présentée à travers les gestes individuels. Ces gestes comptent, mais ne suffisent pas à faire une politique de transition. On ne change pas durablement les comportements si les conditions matérielles ne suivent pas, ou si elles ne s’inscrivent pas dans un cadre de politique de transition plus large et acceptée, et c’est un pilier essentiel des transformations à venir. La transition devient en effet plus acceptable lorsqu’elle transforme l’environnement dans lequel les choix se font : infrastructures, prix, accès aux services, organisation des filières, commande publique, fiscalité, accompagnement local. Faire apparaître les bénéfices immédiats Le climat reste évidemment la raison majeure d’agir. Mais il est souvent perçu comme un horizon global, parfois lointain, face auquel les individus se sentent impuissants. La transition doit aussi être reliée à des bénéfices plus proches dont la santé publique est l’un des plus importants. Respirer un air moins pollué, mieux manger, protéger les enfants, vivre dans des logements mieux isolés, supporter les épisodes de chaleur : ce sont des préoccupations quotidiennes. Elles donnent à la transition un contenu beaucoup plus tangible. Une rénovation thermique réduit les émissions, mais elle améliore aussi le confort, la santé et les factures. Une agriculture moins dépendante de certains intrants protège les sols, mais elle peut aussi répondre à des préoccupations alimentaires et sanitaires. Des mobilités moins polluantes améliorent le climat, mais elles réduisent aussi le bruit, la congestion et les maladies liées à la pollution de l’air. Ces co-bénéfices ne sont pas secondaires. Ils peuvent devenir des moteurs d’adhésion, parce qu’ils donnent à voir ce que la transition apporte ici et maintenant. Les ressources naturelles  comme enjeux stratégiques Considérer les sols, l’eau et la biomasse comme des ressources stratégiques Nous parlons souvent de souveraineté à propos de l’énergie, de l’industrie ou du numérique. Nous devrions le faire tout autant à propos des sols, de l’eau, de la biomasse et des ressources vivantes. La qualité des sols conditionne notre capacité à produire demain. La préservation de la ressource en eau également. Les conflits d’usage se multiplient entre agriculture, industrie, énergie, usages domestiques et préservation des milieux et ils vont probablement s’intensifier. La biomasse soulève le même type de difficulté. Elle peut servir à l’alimentation, aux matériaux, à l’énergie, à la chimie, à la fertilisation, à la décarbonation de plusieurs secteurs, mais elle n’est pas infinie. Si chaque filière construit sa stratégie comme si elle disposait seule de la ressource, nous créerons rapidement des contradictions. Ces sujets demandent ainsi une planification plus explicite. Cela supposera d’identifier quels usages sont prioritaires, quelles ressources doivent être préservées, quelles infrastructures doivent être développées, et pour cela, les compromis acceptables. Ce sont des choix collectifs et politiques, localement et à

Planification écologique : où en est réellement la France ? 

Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) a mis en ligne le 18 juin dernier une nouvelle version de son Baromètre de la planification écologique, un outil inédit destiné à suivre l’avancement des principaux objectifs environnementaux fixés par la France. À travers près de 250 indicateurs issus des grandes stratégies nationales – Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), loi Agec, plan Eau, stratégie biodiversité ou encore politiques de lutte contre les pollutions – ce tableau de bord offre une photographie précieuse de l’état d’avancement des transitions engagées.   L’initiative mérite d’être saluée. Dans un domaine où les objectifs sont nombreux et parfois difficiles à appréhender, le baromètre apporte davantage de transparence et permet de suivre, de manière accessible, l’écart entre les trajectoires actuelles et les engagements pris par la France. Il constitue également un outil utile pour les collectivités, les entreprises, les associations et l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique.  Mais au-delà de l’exercice de transparence, les résultats appellent à la vigilance.  Le constat dressé par le SGPE est sans ambiguïté : la France progresse sur certains sujets, mais reste en retard sur plusieurs objectifs structurants. Comme le reconnaissent les concepteurs du baromètre eux-mêmes, « on est rarement en avance sur nos engagements ».   Parmi les principaux points de vigilance figure la lutte contre l’artificialisation des sols. Malgré l’objectif de réduction progressive de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers, les trajectoires actuelles restent insuffisantes pour atteindre les ambitions fixées. Or la préservation des sols constitue un enjeu majeur à la fois pour la biodiversité, la ressource en eau, la souveraineté alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques.  La situation est également préoccupante concernant la qualité de l’eau. Une part importante des masses d’eau françaises demeure éloignée du bon état écologique fixé par les directives européennes. Les pressions liées aux pollutions diffuses, aux prélèvements et aux évolutions climatiques continuent de peser lourdement sur les milieux aquatiques.  Le baromètre met aussi en évidence les difficultés rencontrées dans la réduction des déchets ménagers. Malgré les progrès réalisés en matière de tri, de recyclage et d’économie circulaire, les volumes produits restent trop élevés pour respecter les trajectoires prévues par la loi Agec.  Les indicateurs relatifs à la qualité de l’air soulignent également des écarts importants avec les objectifs à atteindre à l’horizon 2030. Les nouveaux seuils européens imposeront des efforts significatifs pour réduire certaines émissions polluantes responsables de nombreux impacts sanitaires.  Plus globalement, le baromètre confirme que les enjeux de biodiversité, de ressources naturelles et de réduction des pollutions demeurent parmi les plus difficiles à traiter. Ces sujets nécessitent souvent des transformations profondes des modèles économiques, agricoles, industriels ou d’aménagement.  L’un des enseignements les plus marquants de cet exercice concerne toutefois l’adaptation aux changements climatiques. Alors même que la France s’est dotée d’un troisième Plan national d’adaptation au changement climatique et que les impacts du réchauffement deviennent chaque année plus visibles, le baromètre ne dispose pas encore d’indicateurs suffisamment robustes pour mesurer les progrès réalisés dans ce domaine. Plusieurs travaux sont en cours, mais l’absence actuelle d’indicateurs opérationnels illustre la difficulté persistante à évaluer concrètement la résilience des territoires, des infrastructures ou des populations face aux risques climatiques.   Cette situation interroge. Car si les émissions de gaz à effet de serre, la consommation énergétique ou les volumes de déchets peuvent être relativement bien mesurés, l’adaptation reste souvent plus difficile à objectiver. Comment mesurer la résilience d’un territoire face aux canicules ? La capacité d’une collectivité à gérer une crise liée à l’eau ? L’évolution de la vulnérabilité des populations ? Ces questions deviennent pourtant centrales à mesure que les effets des changements climatiques s’intensifient.  Pour le Comité 21, ce nouveau baromètre confirme l’importance d’articuler davantage les politiques nationales et les dynamiques territoriales. Les trajectoires environnementales ne pourront être atteintes sans une mobilisation renforcée des collectivités, des entreprises, des associations et des citoyens. Les Conférences régionales de la planification écologique ont constitué une première étape importante, mais leur traduction opérationnelle reste désormais l’enjeu principal.   Au-delà des chiffres, le baromètre rappelle surtout que la transition écologique est un exercice de long terme qui exige de la cohérence, de la continuité et de la capacité à mesurer objectivement les progrès réalisés. Il montre également que les défis restent considérables et que les prochaines années seront déterminantes pour respecter les engagements climatiques, environnementaux et de préservation des ressources que la France s’est fixés.  Car si mesurer les écarts est indispensable, la véritable question demeure : comment accélérer suffisamment pour les réduire ?  En savoir +

Centre-Val de Loire : repenser l’habitabilité des territoires face aux transitions

Comment continuer à habiter durablement les territoires dans un contexte de changements climatiques, d’évolutions démographiques et de transformations sociales profondes ? C’est à cette question que la Région Centre-Val de Loire souhaite répondre à travers sa nouvelle démarche « Habiter le Centre-Val de Loire – Repenser le jardin de la France », officiellement lancée le 12 juin à Orléans. Cette initiative part d’un constat simple : les modèles d’aménagement hérités du passé ne suffisent plus à répondre aux défis actuels. Les territoires doivent désormais composer avec des épisodes de chaleur plus intenses, des tensions croissantes sur l’eau, des risques d’inondation, des besoins en logement, des mobilités à transformer, des services publics à maintenir et des équilibres à préserver entre espaces ruraux, villes moyennes et centralités urbaines. La notion d’habitabilité permet précisément de poser ces questions ensemble. Elle ne se limite pas au logement ou à l’urbanisme. Elle interroge les conditions concrètes qui permettent à un territoire de rester vivable, accueillant, résilient et désirable : accès à l’eau, qualité des sols, présence de nature, confort d’été, proximité des services, mobilités du quotidien, cohésion sociale, capacité d’adaptation des équipements et qualité du cadre de vie. Avec cette démarche, la Région souhaite construire une vision partagée de l’avenir régional, en associant largement collectivités, élus locaux, architectes, urbanistes, aménageurs, chercheurs, acteurs économiques, culturels et citoyens. L’objectif est de dépasser une approche strictement technique ou réglementaire de l’aménagement pour ouvrir un débat plus large : comment voulons-nous habiter le Centre-Val de Loire demain ? La démarche se veut aussi très opérationnelle. Un appel sera lancé pour identifier des projets locaux cohérents avec cette nouvelle manière d’habiter le territoire. Ces projets pourront être accompagnés par la Région dans le cadre d’un dispositif d’accélération, avec une enveloppe de 500 000 euros issue du Feder. L’enjeu sera de soutenir des démonstrateurs concrets, observables et évaluables, capables d’inspirer d’autres territoires. L’accompagnement des élus locaux constitue un autre axe central. Parce qu’ils sont en première ligne dans les choix d’aménagement, les élus doivent pouvoir disposer de repères, d’outils et d’exemples pour faire évoluer leurs projets. La Région entend s’appuyer notamment sur ses contrats d’aménagement avec les collectivités, qui représentent 400 millions d’euros sur six ans, afin d’intégrer plus fortement les enjeux climatiques, sociaux et territoriaux dans les décisions d’investissement. La démarche accordera également une place importante aux ateliers territoriaux. Ces temps de travail permettront de faire dialoguer des acteurs qui ne se rencontrent pas toujours : élus, techniciens, habitants, professionnels de l’aménagement, artistes, architectes, associations ou acteurs économiques. Cette méthode est essentielle, car l’habitabilité d’un territoire ne peut être pensée depuis un seul point de vue. Elle suppose de croiser les usages, les besoins, les contraintes et les imaginaires. L’initiative s’appuie aussi sur la culture et l’architecture comme leviers de projection collective. L’exposition « Living with – Faire avec », présentée au Frac d’Orléans, montre comment l’architecture peut aider à penser des manières d’habiter avec l’existant, avec la nature, avec les vulnérabilités ou encore avec les territoires abîmés. Elle rappelle que les transitions ne relèvent pas seulement de normes ou d’investissements, mais aussi de notre capacité à imaginer d’autres futurs possibles. Cette dimension est particulièrement importante. Pour transformer les territoires, il ne suffit pas d’aligner des objectifs. Il faut aussi construire un récit commun, donner à voir des solutions, rendre désirables des changements parfois perçus comme contraignants. En ce sens, l’imaginaire devient une ressource pour l’action publique. Les cinq piliers de la démarche résument bien cette ambition : anticiper plutôt que subir ; mettre les élus au cœur de la fabrique territoriale ; expérimenter sur le terrain ; mobiliser la créativité et la culture ; construire un récit régional partagé. Ils traduisent une volonté de faire de l’aménagement un levier de transformation, et non une simple réponse aux contraintes. Cette approche rejoint pleinement les convictions du Comité 21. Les transitions écologiques, sociales et économiques ne peuvent réussir que si elles sont territorialisées, appropriées par les acteurs locaux et construites dans la coopération. Les enjeux de sobriété foncière, d’adaptation aux changements climatiques, de protection du vivant, de santé, de mobilité ou de logement doivent désormais être pensés ensemble, à l’échelle des bassins de vie. Le Comité 21 accompagne précisément ces dynamiques en créant des espaces de dialogue entre collectivités, entreprises, associations, chercheurs et citoyens. Son rôle est de faciliter le passage de la prise de conscience à l’action, en aidant les territoires à identifier leurs vulnérabilités, à partager les connaissances, à structurer des coopérations et à faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales. L’initiative lancée en Centre-Val de Loire illustre ainsi une évolution majeure des politiques territoriales. Il ne s’agit plus seulement de planifier le développement, mais de garantir la capacité des territoires à rester habitables dans un monde en transformation rapide. Cette question deviendra centrale dans les années à venir, car elle conditionne directement la résilience des territoires, la qualité de vie des habitants et la cohésion sociale. Repenser l’habitabilité, c’est finalement poser une question simple mais décisive : comment continuer à vivre ici, demain, dans de bonnes conditions ? C’est à partir de cette question que peuvent se construire des politiques publiques plus justes, plus sobres et plus adaptées aux défis du siècle.

Des initiatives pour la sortie des énergies fossiles

Alors que le texte issu de la COP 30 ne fait pas mention des énergies fossiles, des acteurs lancent des initiatives pour continuer à avancer dans le sens d’une sortie des combustibles fossiles, indispensable pour atteindre les objectifs climatiques internationaux et préserver l’habitabilité de la planète.   Les gouvernements de la Colombie et des Pays-Bas ont annoncé à Belém le 21 novembre 2025 qu’ils accueilleront conjointement la première Conférence internationale sur la transition juste hors des combustibles fossiles. L’événement doit avoir lieu les 28 et 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, ville portuaire qui joue un rôle important dans les exportations de charbon. Cette initiative a reçu le soutien de la présidence de la COP30, qui n’a malheureusement pas réussi à obtenir l’inscription de l’objectif de sorties des énergies fossiles dans l’accord final.   Ce projet de conférence internationale rappelle que le sujet de la transition énergétique reste d’une brûlante actualité, et est porté dans différents cercles à l’échelle internationale. On peut ainsi citer le Réseau mondial appelant à un traité sur les combustibles fossiles, qui compléterait l’Accord de Paris. Ce traité reposerait sur trois piliers : non-prolifération (mettre fin à l’expansion de la production de charbon, de pétrole et de gaz), élimination progressive équitable (dans laquelle les pays ayant la capacité et une responsabilité historique avancent le plus rapidement et apportent leur soutien aux autres pays du monde), et transition juste (faire en sorte qu’aucun travailleur, aucune communauté et aucun pays ne soit laissé pour compte).   En France, des acteurs académiques et associatifs ont produit une note « Réussir la sortie des énergies fossiles » qui propose 14 mesures « pour engager concrètement la France dans la sortie des énergies fossiles à l’échelle mondiale, en mobilisant les leviers politiques (programmation, diplomatie, budgets), juridiques (législation nationale, droit de l’Union européenne, droit international) et judiciaires (contentieux climatiques, contrôle des financeurs, non-prolifération fossile). » Une feuille de route intéressante pour engager une transition qui n’a déjà que trop tardé.

Anniversaire du Comité 21: 30 ans d’engagement et des projets d’avenir

De l’émotion, des convictions et beaucoup d’énergie et de nouveaux projets ! Le comité 21 célébrait le 1er décembre à l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité 30 années d’actions et d’engagements en faveur du développement durable et des transitions. Cette soirée, ouverte par Laurent TRIJOULET, Directeur général adjoint de l’AMF, et animée par Sandrine MAISANO, présidente par intérim du Comité 21, a été l’occasion de rendre hommage et donner la parole à celles et ceux qui ont fait, font et feront le Comité 21. Merci aux ministres Michel BARNIER, Corinne LEPAGE et Monique BARBUT pour leur soutien et leurs mots d’amitié !Et un merci tout particulier à Bettina LAVILLE, fondatrice et présidente d’honneur du Comité 21, qui accompagne et soutient l’association avec un engagement sans faille depuis 30 ans. La soirée a permis d’évoquer les grandes thématiques portées par l’association depuis 30 ans. 👉 Mots de bienvenue par Laurent TRIJOULET, Directeur général adjoint, Association des Maires de France 👉 Introduction par Sandrine MAISANOavec les témoignages de Michel BARNIER, Député de Paris, Ancien Premier ministre, ancien ministre de l’Ecologie, et Corine LEPAGE, Avocat associé chez Huglo Lepage AvocatsAncienne ministre de l’Ecologie 👉 Territoires résilients et solidairesavec Antoine Charlot, Directeur général du Comité 21;Vianney HAMOIR, Président de la Fondation territoriale de la Vienne;Amélie COANTIC, Adjointe du Commissaire général au Développement durable;Sébastien MAIRE, Délégué général de France Villes et Territoires durables;Bruno PAULMIER, Président de l’ADT-INET;Gwenola STEPHAN, Responsable développement durable de l’AMF. 👉 Engagement des entreprises et dialogue parties prenantesavec Sarah DAYAN, Sustainability Manager, BearingPoint;Guillaume DE BODARD, Directeur Général, CALIX-Conseil, président de la Plateforme RSE;Martine JAUROYON,  Directrice Développement Durable et Engagement, Groupe Egis;Armelle PERRIN-GUINOT, Directrice des engagements sociétaux, Veolia. 👉 Action climatique & Adaptationavec Laurine COUFFIGNAL, Directrice Climat et Territoires, Comité 21Amy DAHAN, Directrice de Recherche Emérite au CNRSRonan DANTEC, Sénateur de Loire Atlantique, Président de Climate ChanceFrançois GEMENNE, Professeur, HECMagali REGHEZZA-ZITT, Cour des Comptes   👉 Développement durable de l’international au localavec Sylvie LEMMET, Ambassadrice pour l’environnement du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangèresSarah SCHÖNFELD, Directrice Impact et Affaires publiques de MURPHY, ancienne directrice du Comité 21Gilles VERMOT-DESROCHES, Directeur du Développement Durable, Schneider Electric 👉 Sobriété, nouveaux modèles et prospective pour des futurs durablesavec Charles-Benoît HEIDSIECK, Président-Fondateur du RAMEAU;Simon LUCK, Directeur de l’établissement national du Comité 21;Isabelle SPIEGEL, Vice-présidente, VINCI. 👉 30 ans… et toujours tourné vers l’aveniravec les témoignages de Claire SEHIER Responsable administrative et financière de l’établissement national, et Anne PAGE Directrice des Affaires administratives et financières du Comité 21 👉 Inventer demainCette soirée anniversaire était aussi un temps pour regarder de l’avant et, face aux reculs actuels, réaffirmer la durabilité comme valeur d’avenir et élément central des nouveaux modèles, dans les territoires et au delà. Autour de Bettina LAVILLE, fondatrice et présidente d’honneur du Comité 21, merci à Antoine Pellion (Directeur général adjoint d’IDEX, ancien Secrétaire général à la Planification écologique), Amélie ROUVIN (Fondatrice de EChOSOPHIA, membre du GIECo), Amy DAHAN et Gilles VERMOT-DESROCHES pour leur regard optimiste sur les voies à tracer pour accélérer les transitions justes. Plus que jamais, le Comité 21 reste mobilisé pour éclairer et accompagner acteurs publics et privés dans leur transformation, et s’ancre dans les territoires pour faciliter la mise en oeuvre de solutions coopératives.

De Paris 2015 à Belém 2025 : les acteurs non étatiques porteurs de l’ambition climatique ?

Un événement organisé par le Comité 21, le Pacte Mondial – Réseau France (PMRF), l’Association française pour les Nations unies et Climate Chance. En partenariat avec l’Institut Open Diplomacy. Comment mieux faire converger les efforts pour accélérer l’action climatique et renforcer la résilience des territoires face aux bouleversements en cours ? A l’occasion des 10 ans de l’accord de Paris et à l’approche de la COP30 à Belém (Brésil), il est essentiel de revenir sur le rôle crucial joué par les acteurs non étatiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par nos engagements internationaux.Cette journée rassemblera scientifiques, jeunes, entreprises, collectivités locales et organisations engagées dans la lutte contre le changement climatique.Quatre tables rondes pour débattre et construire collectivement : De l’atténuation à l’adaptation : 10 ans d’avancées et de nouveaux défis du global au local.Faire dialoguer sciences et société pour se fixer un cap et mesurer ses progrès.Quelle place pour les acteurs non étatiques dans les politiques nationales ?Au-delà de la COP 30 : quelles convergences pour accélérer ?  👉 Accéder au REPLAY 📅 Mercredi 5 Novembre 2025  |  9h30 – 18h 📍 Hôtel de Roquelaure, 244 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris

Défiler vers le haut