
Face à l’accélération de l’érosion côtière et à la montée du niveau de la mer, le Gouvernement a adopté une nouvelle Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. Elle doit guider l’action publique jusqu’en 2030 et aider les territoires littoraux à mieux anticiper les effets du changement climatique.
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Protéger, accompagner ou déplacer : une doctrine assumée
La stratégie repose sur un constat désormais largement partagé : il ne sera pas possible de protéger partout et durablement l’ensemble des espaces exposés. Dans certains secteurs, il faudra donc continuer à renforcer les protections ; dans d’autres, accompagner l’évolution naturelle du littoral ou organiser progressivement le déplacement de certains usages et équipements.
Miser sur la connaissance et l’anticipation
Cette nouvelle doctrine s’appuie davantage sur la connaissance et l’anticipation. Elle prévoit notamment de renforcer l’observation du trait de côte, de développer les outils de modélisation et d’accélérer la réalisation de cartes locales permettant d’identifier les zones les plus exposées dans les prochaines décennies.
Une place plus large aux solutions fondées sur la nature
Elle accorde également une place plus importante aux solutions fondées sur la nature, comme la restauration des dunes, la renaturation des espaces littoraux ou la préservation des zones capables d’atténuer les effets des tempêtes et des submersions.
60 mesures, cinq grands axes
Au total, la stratégie comprend 60 mesures organisées autour de cinq grands axes : mieux connaître les évolutions du littoral, renforcer la planification, accompagner les territoires, développer les solutions d’adaptation et mieux mobiliser les financements.
950 communes littorales concernées
L’enjeu est considérable pour les quelque 950 communes littorales françaises. Logements, routes, équipements publics, activités économiques ou touristiques : de nombreux usages sont directement concernés par l’évolution du trait de côte.
Le regard du Comité 21
La nouvelle stratégie marque ainsi une évolution importante dans la manière d’aborder l’adaptation : il ne s’agit plus seulement de protéger l’existant, mais aussi de préparer les transformations qui seront nécessaires.
Pour le Comité 21, cette approche confirme l’importance d’anticiper suffisamment tôt les effets du changement climatique à l’échelle locale. Les territoires littoraux sont aujourd’hui en première ligne, mais les questions qu’ils doivent résoudre concernent plus largement l’ensemble des territoires : quels usages préserver, quels investissements prioriser et comment organiser collectivement les transformations à venir ?
L’enjeu est désormais de traduire cette stratégie en projets concrets et de donner aux collectivités les moyens techniques et financiers nécessaires pour construire leurs trajectoires d’adaptation.