Production électrique : le Grand Ouest accélère sa transition


Production électrique : le Grand Ouest accélère sa transition

La production d’électricité a bondi en 2025 en Bretagne et dans les Pays de la Loire, portée par l’éolien en mer et le solaire. Le Centre-Val de Loire confirme, de son côté, son rôle majeur dans l’alimentation électrique nationale.

Les bilans électriques régionaux publiés par RTE dessinent un Grand Ouest en pleine transformation. En 2025, la consommation d’électricité est restée globalement stable dans les trois régions, mais la production a fortement progressé sur la façade atlantique.

Avec une hausse de 24 % en un an, les Pays de la Loire enregistrent la progression la plus spectaculaire. La région a produit 9 TWh d’électricité, dont près de 85 % à partir d’énergies renouvelables. Cette accélération repose notamment sur la montée en puissance de l’éolien en mer et du photovoltaïque.

L’éolien en mer change la donne

Le parc de Saint-Nazaire, rejoint progressivement par celui des îles d’Yeu et de Noirmoutier, occupe désormais une place déterminante dans le mix électrique ligérien. La production éolienne en mer atteint 2,1 TWh, en hausse de plus de 54 % sur un an. Dans le même temps, la production solaire progresse de 53 %.

La dynamique est également très forte en Bretagne. La production régionale a augmenté de 18,1 %, pour atteindre 8 TWh. Près de 78 % de cette électricité est désormais renouvelable. Le parc éolien en mer de Saint-Brieuc a produit 1,8 TWh au cours de sa première année complète de fonctionnement, tandis que le photovoltaïque a progressé de près de 58 %.

Ces évolutions ne rendent pas encore les deux régions autonomes. Les Pays de la Loire consomment près de trois fois plus d’électricité qu’ils n’en produisent, et la Bretagne demeure elle aussi fortement dépendante des apports extérieurs. Mais l’écart se réduit progressivement.

Le Centre-Val de Loire produit quatre fois plus qu’il ne consomme

La situation est radicalement différente en Centre-Val de Loire. Grâce à ses quatre centrales nucléaires, la région a produit 75,5 TWh en 2025, pour une consommation de seulement 18 TWh. Elle produit ainsi plus de quatre fois ses propres besoins et joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement électrique des autres territoires.

Sa production est décarbonée à 99,6 %. Le nucléaire reste largement dominant, avec 69,5 TWh produits, mais les renouvelables continuent aussi de progresser. Les capacités solaires ont notamment augmenté de 42 % en une année.

Un enjeu désormais industriel et territorial

Les trois régions présentent ainsi des profils très complémentaires : le Centre-Val de Loire constitue un grand territoire producteur et exportateur, tandis que la Bretagne et les Pays de la Loire accélèrent le développement de leurs ressources renouvelables, notamment maritimes.

Cette transformation exige cependant d’importants investissements. RTE prévoit de consacrer, d’ici à 2040, 4 à 6 milliards d’euros au réseau en Centre-Val de Loire, 6 à 8 milliards dans les Pays de la Loire et 10 à 15 milliards en Bretagne. Il s’agit à la fois de raccorder les nouvelles productions, d’adapter les infrastructures et de répondre aux futurs besoins liés à l’électrification de l’industrie, des mobilités et du chauffage.

Car le paradoxe demeure : alors que la production électrique décarbonée progresse, la consommation reste presque stable. À l’échelle nationale, elle se situe encore près de 6 % en dessous de son niveau d’avant-crise. Pour RTE, les conditions sont désormais réunies pour accélérer l’électrification et réduire la dépendance française aux énergies fossiles.

Pour le Comité 21, ces bilans rappellent que la transition énergétique doit être pensée à l’échelle des territoires et de leurs interdépendances. Produire davantage d’électricité bas-carbone est indispensable. Encore faut-il développer les réseaux, maîtriser les consommations, accompagner les nouveaux usages et organiser la coopération entre les collectivités, les entreprises et les habitants.

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