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20/07/2018

Le Comité 21, acteur du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie

Le Comité 21 a participé à sa manière au débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. Nous avons été d’abord sollicités au niveau national pour coorganiser un atelier préparatoire, le 17 janvier 2018, qui a servi à recueillir des avis de nombreuses parties prenantes sur les modalités et les enjeux du débat public.

Sa présidente, Bettina Laville, a également fait partie tout au long du déroulement du débat d’un comité intitulé le Comité des données destiné à réagir, auprès de Jacques Archimbaud, président de la Commission particulière de ce débat public, aux réponses fournies par l’administration aux questions posées par le public, afin de les adaptées le mieux possible aux multiples interrogations.

Le 30 juin, la Commission nationale du débat public-CNDP a rendu compte du résultat du débat avec une parfaite transparence. Regrettant la modicité des moyens mis en place par l’administration pour un débat pourtant essentiel pour l’avenir, Jacques Archimbaud a regretté que n’ont pas été versés d’emblée dans le débat des éléments décisifs au bon exercice de la démocratie à savoir : les plans gouvernementaux concernant l’habitat, l’hydrogène, l’économie circulaire, et les décisions afférentes à la méthanisation, au photovoltaïque ou au prix de rachat pour l’éolien en mer. Il a aussi regretté que seuls deux scénarios de RTE aient été proposés au public focalisant de ce fait la discussion sur le « Pour ou contre l’abaissement de la part de nucléaire dans le mix électrique ». Les conclusions complètes sur le débat seront livrées début septembre mais d’ores et déjà, on peut souligner le sentiment majoritaire du public d’absence de lisibilité sur les grandes directions des politiques publiques dans ce domaine, le sentiment de défaut d’égalité social par rapport à l’effort à fournir pour la transition énergétique, le scepticisme par rapport à la création d’emplois proposée par les énergies renouvelables. Finalement, c’est l’efficacité elle-même de la loi de la transition énergétique pour la croissance verte qui est interrogée par le public sans pour autant mettre en cause ces grands principes. Parallèlement, se fait jour une grande maturité des citoyens eu égard aux contradictions possibles entre l’augmentation des énergies renouvelables et la diminution du nucléaire, tout en gardant un prix abordable. La revendication d’un mix équilibré a été qualifiée par Jacques Archimbaud de « sagesse énergétique ». Finalement, c’est une immense demande de transparence énergétique qui s’exprime dans les propos des citoyens, un attachement à l’objectif de 50% de nucléaire (avec une compréhension du report de la date) et une revendication de l’adaptation aux contraintes locales. Le ministre Nicolas Hulot a revendiqué le report de la part du nucléaire à 50% du mix, considérant qu’il avait un devoir de vérité par rapport aux citoyens, et insisté sur l’importance qu’il attachait aux différents plans d’énergies alternatives qu’il a mis en place.

Le Comité 21 considère que le débat en lui-même a été riche et le plus démocratique possible mais qu’eu égard aux enjeux, la participation de près de 20 000 personnes est bien insuffisante… Il lui semble que le lien entre la lutte contre le réchauffement climatique et la programmation de l’énergie dans les 10 ans à venir n’a pas été assez mis en lumière. Si le lien n’est pas plus « conscientisé », l’angoisse pourrait prévaloir sur l’action. C’est pour cela qu’au-delà du débat public, c’est une grande mobilisation nationale qui doit être engagée à la fois par les pouvoirs publics et les parties prenantes.

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