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16/10/2018

Adaptation aux changements climatiques : le Comité 21 se réjouit de la création d’une commission mondiale

Dans un contexte mondial climatique extrêmement préoccupant, la Commission mondiale pour l’adaptation vient d’être lancée officiellement pour convaincre les pays du monde entier de prendre des mesures pour s'armer contre les conséquences du changement climatique. Le Comité 21, qui a lancé en septembre dernier un programme d'approfondissement de l'adaptation aux changement climatiques à l'intention de ses membres, salue cette initiative mondiale.

Le rapport du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement d’1,5°C à la fin du siècle l’a démontré : des solutions existent, mais seules des décisions politiques fortes et immédiates, prises à l’échelle internationale, permettront de limiter les impacts sur l’environnement et les populations, mais aussi de contenir la hausse du réchauffement à l’objectif fixé par la COP21. Ainsi, dans la foulée de cette publication, Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations unies, Bill Gates, coprésident de la Bill & Melinda Gates Foundation, et Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, ont lancé la Commission mondiale pour l’adaptation, à l’initiative du gouvernement néerlandais et dont le siège est à Rotterdam. Son ambition première est de mobiliser les décideurs des pays sur cette thématique et impulser des actions concrètes, à l’échelle internationale, sur l’adaptation au climat. L’initiative est soutenue par une quinzaine de pays.

Le Comité 21 soutient cette initiative qui est en concordance avec son programme « Adaptation aux changements climatiques ». Il a identifié depuis longtemps déjà l’impérieuse nécessité de sensibiliser et outiller les acteurs français sur le grand chantier de l’adaptation. L’année dernière, le Comité 21 a co-produit avec le CNRS l’ouvrage « Adaptation au changement climatique, une question sociétés ». Il vient de lancer officiellement en septembre son programme « Adaptation aux changements climatiques », animé par Guillaume Simonet, chercheur associé au Laboratoire interdisciplinaire Solidarité, Sociétés, Territoires (Université Toulouse Jean Jaurès, CNRS, EHESS, ENSFEA), avec pour objectifs : apporter aux participants une meilleure compréhension de l’adaptation aux changements climatiques (ACC) de manière à mieux communiquer sur le sujet ; favoriser les échanges en utilisant une pluralité de formats favorisant la compréhension (présentations théoriques, ateliers interactifs, interventions spécialisés, visites de terrain) ; permettre aux participants de mieux intégrer l’ACC dans un projet de manière à répondre aux besoins et enjeux ; co-construire un outil (livrable) qui facilite la mise en place d’actions dans les territoires et les organisations.   Concrètement, ce programme propose, entre autres, des sessions de travail collectives entre acteurs (entreprises, collectivités, associations/ONG, établissements d’enseignement supérieur, scientifiques…) tous les deux mois pour creuser un aspect particulier des stratégies d’adaptation (utilisation des scénarios climatiques, indicateurs de l’adaptation, freins et leviers, visites de terrain, etc.).

Après un des étés les plus chauds du début du siècle et au lendemain des inondations mortelles dans l’Aude, l’accélération des phénomènes extrêmes de diverses origines est manifeste en France. Il faut passer à l’action et s’adapter ! Il est donc urgent que les négociations internationales à venir lors de la COP24, présidée par la Pologne, accorde une attention aussi importante à l’adaptation aux changements climatiques qu'a l'atténuation. Aujourd’hui, l'Accord de Paris ne comporte qu'un paragraphe modeste sur l’adaptation. Or, l'adaptation n'est pas un frein à l'atténuation. Elle est le volet indispensable de la prévention des risques importants qui nous menacent et une arme considérable de la survie de la biosphère.

Le Comité 21 espère qu'à l'occasion de la prochaine publication du PNACC-plan national au changement climatique, la France rejoindra cette commission et pèsera lors de la COP24 pour faire avancer les mesures et financements sur l'adaptation.